Jean Paul Favand, un parcours atypique

 L’itinéraire éclectique d’un précurseur : Le Tribulum et le Louvre des Antiquaires

Jeune homme, Jean Paul Favand est passionné par le jeu, celui du comédien comme celui de l’antiquaire. Tout en faisant partie d’une troupe de théâtre, il se livre à une chasse au trésor en quête d’objets d’arts.

Dans les années 1970, il fonde ainsi le Tribulum, un magasin d’antiquités où il regroupe une collection de “curiosités”, objets d’art brut, d’art populaire, ou du spectacle.

A l’époque, ces objets forts n’avaient pas encore acquis leurs lettres de noblesse. Jean Paul Favand réalise rapidement l’impact que peuvent avoir des objets différents savamment mis en scène.

A trente ans, il a l’idée d’un concept de centre d’antiquités qui donnera le Louvre des Antiquaires. Il y organisera les premières expositions spectacles sur des thèmes aussi variés que ceux du jouet, des trésors perdus, de la sorcellerie ou de l’art forain.

Il réalise parallèlement de nombreuses expositions au Proche Orient, au Japon et en Europe, pour des événements d’envergure, telle la scénarisation du centre Magrabhi à Djedda. Ses multiples activités le ramènent au cœur de Paris pour le lancement du Forum des Halles où, grâce à sa science de la scénographie et au patrimoine qu’il préserve, il reconstitue une fête foraine sur les milliers de mètres carrés des quatre niveaux de ce tout nouveau lieu parisien. Ce qui lui vaut de recevoir en 1980, la Médaille de l’Année du Patrimoine.

Le Tribulum-bistrot

Dans les années 80, Le « Tribulum Antiquités » devient un bistrot galerie au cœur du quartier des Halles à Paris, épicentre de la nouvelle bohème parisienne. C’était l’un des premiers bistrots à thème. « Dans mon magasin d’antiquité la foule déambulait plus pour voir que pour acheter. J’ai alors eu l’idée de créer un bistrot convivial où mes objets pourraient être vus. Au lieu de payer un ticket d’entrée, les visiteurs paieraient leurs consommations… »

Jean Paul Favand créé, à partir de ses collections, un nouvel accrochage tous les six mois et les animations artistiques y sont permanentes.

 De la collection au musée

Depuis 1972, et parallèlement à son commerce d’antiquités et à ses autres activités, Jean Paul Favand acquiert, conserve et restaure des objets de curiosité.

Le nombre et la taille des objets réunis, dont des manèges entiers, le pousse à chercher un lieu suffisamment grand pour héberger ses trésors.

De son atelier parisien, il déménage dans une première friche industrielle à Gentilly (1988 -1993), qui voit la naissance du premier Musée des Arts Forains.

Puis la collection poursuit son périple rue de l’Eglise à Paris 15e (1993 -1996), pour trouver son port d’attache définitif dans les chais Lheureux à Bercy en 1996.

Le Musée des Arts Forains d’aujourd’hui est donc la convergence de toutes ces expériences. Depuis longtemps montreur de curiosités, Jean Paul Favand est devenu un maître de chais bien atypique à Bercy, où il crée un nouveau modèle économique : un musée qui réussit à la fois à subvenir à ses frais de fonctionnement, à sauvegarder son patrimoine et à financer ses réalisations artistiques.

 Repère biographique :

1970 : Création du Tribulum-antiquités qui deviendra le Tribulum bistrot

1977 : Création du Louvre des Antiquaires

1980 : Obtention de la « Médaille de l’Année du Patrimoine »

1988 : Installation de la Collection dans la friche industrielle de Gentilly

1992 : Prix « chef d’œuvre en périls » pour la sauvegarde du patrimoine du spectacle

1993 : Déménagement du Musée des Arts Forains dans l’ancienne usine école Citröen dans le 15ème arrondissement

1996 : Implantation définitive du Musée des Arts Forains qui deviendra les Pavillons de Bercy dans les Chais Lheureux, 12ème arrondissement

1996 : Prix du « Comité Régional du Tourisme d’Ile-de-France » pour la création de son Musée spectacle

2009 : Attribution du label «  Entreprise du Patrimoine Vivant » pour la préservation et la présentation des objets du patrimoine.

2016 : 20 ans des Pavillons de Bercy.


Publié le : 09.01.17